Autant le dire tout de suite, c’était bien. On nous avait pourtant prévenu mis en garde : service abominable, cuisine banale et addition flamboyante, une vue qui n’en vaut pas la peine… Évidemment la soirée se présentait bien, c’était l’anniversaire de la Belle, le cadeau avait plu, le champagne et les amuse-bouches (du traiteur italien de la rue des Petits Carreaux) aussi. Nous sommes sortis de bonne humeur et nous sommes arrivés tout content en haut du centre Georges Pompidou.
Accueil très souriant du sosie d’AnnaLynne McCord, elle nous propose une bonne table à côté de la baie vitrée, juste en face de Notre-Dame (qui nous semble étonnamment proche !). La table de nos voisins nous parait aussi très proche mais ils ne parlent pas français alors tout va bien.
Après avoir jouer à repérer les monuments autour de nous, on commande (au sosie de Tom Ford, décidément). Entrées : nems thaïlandais et escargots « extraordinaires ». Plats : saumon vapeur bio et tigre-qui-pleure. Desserts : cheese cake et sorbet mangue-passion. Bon alors voilà : les nems étaient délicieux mais seulement 4; les escargots n’avaient rien d’ « extraordinaire »; le saumon et le tigre-qui-pleure… de bons produits malheureusement pas assez cuits, avec un riz un peu triste en accompagnement. Les desserts étaient parfaits !
En un mot, n’y aller pas pour manger. D’ailleurs on n’y va pas pour ça, on se retourne, on regarde, on parle de Paris et des gens un peu bizarre tout autour. Ils semblent tout droit sortis de la série Nip/Tuck ou d’un livre de Bret Easton Ellis.
Ils ont l’air jeunes, beaux parfois et riches souvent, la peau lisse et bronzée comme dans Beverly Hills. Ils trainent à Los Angeles, dans des salons larges et blancs au design épuré. Ils parlent d’endroits qu’on ne connaît pas et sourient malgré leurs yeux tristes. Si vous n’avez pas le courage de finir American Psycho, lisez Lunar Park. Mélange d’autofiction (repris par Beigbeder) et de livre d’horreur (inspiré par Stephen King), c’est certainement le meilleur roman contemporain que j’ai lu. Ça parle de la peur et du mensonge, de l’image, de l’image, de l’image.
On regarde donc, on écoute de la très bonne musique, on picore, on picole (le vin, un des moins cher de la carte, était très bon). Et après quelques verres, on comprend : on peut se sentir bien ici, on a l’impression de flotter, d’être dans un endroit exceptionnel, d’être dans un film, et quelques instants, on a l’impression de faire parti d’un monde privilégié.
Puis on reçoit la douloureuse qui porte bien son nom, on invite sa chère et tendre en tentant de faire comme si de rien n’était, on sort et on regarde une dernière fois Paris en volant une rose qui fanera trop vite.
A relire sur un air de Feist – Inside and Out
Le Georges
4 Rue Beaubourg 75004 Paris
01 44 78 47 99
